Les amateurs de vin sous E-influence

L'amateur de vin à l'heure du numérique
© Emmanuel Delmas

À l’heure du numérique, pas évident pour l’amateur de vin de choisir une bonne bouteille alors que les bons vieux guides et magazines spécialisés sont en perte de vitesse. Applications sur mobiles, blogs, podcasts, sites spécialisés…  se sont multipliés mais cette profusion de contenus et cette ouverture à tous amènent aussi des doutes sur la fiabilité des informations qui peuvent se révéler incomplètes voire totalement fausses, mal écrites ou pauvres en contenu. Une problématique très commentée à Vinexpo qui vient de s’achever à Bordeaux.

Signe des temps, le « Prix de l’article de presse écrite » qui était décerné durant le plus grand salon viticole français a été rebaptisé cette année « Prix Vin’e-influenceur » (désigné par la Chambre d’agriculture, Œnocentres et le magazine Terre de Vins) et a récompensé Emmanuel Delmas (photo) dont le blog est consulté 1,5 million de fois chaque année. Le sommelier et consultant, à suivre en ligne, mais qui estime qu’à l’heure d’internet et de la dilution des informations, il faut revenir aux fondamentaux: « Rencontrer les vignerons, demander conseil à un caviste indépendant et non une grande surface où vous n’achetez pas un vin, mais un prix » sachant que « Quand on déguste, chacun a sa propre lecture ». Une démarche très éloignée de celle de certaines plateformes alimentées par les utilisateurs dont Emmanuel Delmas pense « qu’il faut faire le tri car il y a beaucoup d’erreurs ».

De la critique au clic

Certaines « applis » commencent à aller plus loin avec les algorithmes. La start-up VineSleuth, par exemple, établit le profil des vins à partir de dizaines de caractéristiques relevées lors de dégustations passées à la moulinette des algorithmes.

Pour les grands vins aussi, professionnels et amateurs éclairés utilisent des applications ou se réfèrent à des sites et des blogs tels que Wine Lister, qui croise les données sur les vins et fait appel à de célèbres critiques. Mais choisir un grand cru se révèle cependant plus compliqué, malgré l’apport des nouvelles technologies, que du temps de Robert Parker qui a fait pendant plusieurs décennies la pluie et le beau temps, en particulier sur le Bordelais. Pour Gonzague Lurton (Château Durfort-Vivens à Margaux) : « Aujourd’hui, il n’y a que Wine Spectator (magazine américain) qui est influent. Il accélère le marché mais ne le change pas, Parker changeait le marché ».

Des applications, des comparateurs et des prescripteurs en ligne de plus en plus nombreux mais, selon les spécialistes réunis à Vinexpo, les critiques de vin de la presse papier restent, ensemble, importants sur ce marché élitiste où ils recréent un certaine diversité. Pour les journalistes spécialisés, à l’avenir, le texte laissera la place à l’image et au son. Pour Felicity Carter, rédactrice en chef du magazine Meininger’s Wine Business International  « On va revenir à l’oralLes gens seront influencés par la voix, le futur appartiendra à des personnes qui pourront bien parler du vin » De bon augure pour Kiss My Chef et les recommandations de notre spécialiste Thomas Bravo-Maza qui propose chaque weekend Le vin de la semaine en vidéo !

PhG (avec AFP)

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