Le Baromètre Sowine/Dynata 2026 dresse un portrait nuancé et parfois surprenant des habitudes de consommation d’alcool des Français. Entre recul du vin rouge, explosion des vins effervescents, montée des cocktails chez les jeunes et progression du no-low, le marché est en pleine mutation. Décryptage des grandes tendances.
Le Baromètre Sowine/Dynata 2026 -première étude française sur le comportement d’achat en matière de boissons alcoolisées- confirme ce que beaucoup pressentaient : les Français ne boivent plus tout à fait comme avant. Leurs répertoires s’élargissent, leurs occasions de consommation se diversifient, et leurs critères de choix évoluent. Tour d’horizon des enseignements les plus marquants.

Le vin reste numéro un, mais son règne s’effrite
Avec 52 % des Français qui le citent comme boisson préférée, le vin conserve sa place de leader — mais perd 6 points en un an. La bière suit la même tendance à 51 % (-5 pts). Plus inattendu : chez les 18-25 ans, ce sont désormais les cocktails qui s’imposent comme boisson alcoolisée favorite, cités par 46 % d’entre eux, devant la bière (40 %) et le vin (36 %). Un signal générationnel fort que la filière viticole ne peut ignorer.
En revanche, les vins effervescents affichent la progression la plus spectaculaire de l’édition 2026 : +10 points en un an, pour atteindre 22 % de citations. Portée par les hommes et les 36-49 ans, cette dynamique confirme que les bulles ne sont plus réservées aux grandes occasions.
Des moments de consommation qui changent
Le vin se boit de moins en moins uniquement à table. Si 77 % des Français déclarent encore en consommer au moins une fois par an, les occasions évoluent : la consommation du soir progresse, en semaine comme le week-end, et l’apéritif gagne du terrain, notamment pour le vin blanc. Les effervescents français sont d’ailleurs devenus les rois de l’apéro, cités par 41 % des consommateurs dans ce contexte.
Plus révélateur encore : la motivation principale à boire du vin n’est plus l’accompagnement du repas — en recul de 7 points — mais le goût, désormais premier moteur de consommation à 41 %. Une consommation moins ritualisée, plus hédoniste, plus personnalisée.

Au restaurant, le vin au verre s’impose
C’est l’un des enseignements les plus frappants du baromètre : le restaurant s’affirme comme un lieu de consommation de vin aussi central que le domicile, cité par 84 % des consommateurs contre 82 % pour la sphère privée. Et dans ce contexte, le vin au verre règne en maître : 85 % des consommateurs déclarent en boire au restaurant ou au bar, contre seulement 10 % qui privilégient systématiquement la bouteille. Ce format séduit par sa liberté : on peut ne prendre qu’un verre, choisir l’accord idéal avec son plat, ou simplement boire sans engager une bouteille entière.

Spiritueux : le gin dépasse le cognac, le rhum reste roi
Du côté des spiritueux, le rhum reste largement en tête des spiritueux consommés purs (78 %), suivi du whisky (72 %) et des liqueurs (63 %). Mais la progression la plus marquante est celle du gin, qui bondit de 5 points à 52 % et dépasse désormais le cognac (49 %). Une montée en puissance portée par les 18-25 ans (72 % de consommateurs de gin dans cette tranche) et les 36-49 ans (+10 pts).
En mixologie, le rhum confirme sa domination (55 %), tandis que la vodka s’effrite (-4 pts à 34 %). La pratique du cocktail maison reste très ancrée : 78 % des amateurs préparent leurs cocktails eux-mêmes.

La bière en perte de vitesse, mais les styles s’affirment
La bière traverse une phase de contraction : seuls 45 % des Français s’y intéressent, soit -7 points en un an. Le décrochage est particulièrement net chez les 18-25 ans (-15 points). La blonde reste indétrônable à 96 %, mais derrière la stabilité apparente, les styles plus pointus progressent : les IPA atteignent 50 % (+4 pts) et les bières Sour séduisent 30 % des amateurs (+5 pts), avec une dynamique particulièrement forte chez les femmes.

Le no-low, de la contrainte à l’expérience
Les boissons sans alcool ou à faible teneur en alcool (no-low) touchent désormais 33 % des Français. La grande nouveauté de 2026 : le goût dépasse la santé comme motivation d’adoption, notamment chez les 18-35 ans. Le vin sans alcool progresse de 7 points à 24 % de consommateurs, et 27 % déclarent désormais aimer son goût (+8 pts). Le no-low sort du registre de la privation pour entrer dans celui du plaisir.
Le digital et l’IA, nouveaux conseillers du consommateur
L’achat de vin en ligne a progressé de 5 points pour atteindre 39 % des acheteurs, avec un panier moyen de 51 à 70 € pour 31 % d’entre eux. Les sites de cavistes font désormais jeu égal avec la grande distribution en ligne (33 % vs 32 %). Les influenceurs pèsent de plus en plus : 47 % des abonnés à des créateurs de contenu déclarent tenir compte de leurs recommandations (+8 pts).
Et pour la première fois, l’intelligence artificielle entre dans le parcours d’achat : 30 % des Français déclarent avoir déjà utilisé une IA pour s’informer sur un vin ou un spiritueux. Chez les jeunes adultes, l’IA sert à explorer les appellations, obtenir des conseils d’accord mets-boissons ou évaluer la qualité d’un produit. Un changement de paradigme qui ne fait sans doute que commencer.
Étude menée en décembre 2025 sur un échantillon de 1003 Français habitant en France métropolitaine âgés entre 18 et 65 ans, dont la représentativité a été assurée par la méthode des quotas sur la base des critères du genre, de l’âge et de la zone géographique d’habitation.
Visuel de couverture © Kelsey Knight
L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ, À CONSOMMER AVEC MODÉRATION.