Les fermes urbaines la culture du légume en ville

Les fermes urbaines
© Annie Novak

Les fermes urbaines surfent sur le mouvement locavore. Elles séduisent les chefs mais aussi les particuliers. Les toits se verdissent mais est-ce vraiment opportun de produire ses propres légumes en ville ? Qu’en est-il de ce nouveau « terroir » sans la richesse du sol qui le caractérise habituellement ?

 

Un modèle new-yorkais

C’est New-York ou plus exactement le quartier de Brooklyn qui a donné l’exemple. On y trouve plusieurs fermes urbaines commerciales où la culture se pratique en pleine terre ou en hydroponie, c’est-à-dire hors sol. Les deux exemples les plus connus sont la Brookyn Grange Farm et l’Eagle Street Rooftop Farm.

Cette volonté new-yorkaise s’inscrit dans une véritable stratégie de la ville pour le développement durable initiée en 2007.

 

Les fermes urbaines
Galeries Lafayette

 

Le modèle français

L’idée est reprise par des entreprises comme Topager ou encore Agripolis qui surfent sur la mode locavore. Ce mouvement qui consiste à manger des aliments produits à moins de 100km de chez soi. Au delà du désir de reprendre le contrôle de son alimentation, la ferme urbaine répond également au besoin de verdure du citadin.

C’est ainsi que l’on a vu pousser 1000 m2 d’installations végétales sur les toits des Galeries Lafayette, installées par Sous les Fraises. Une ferme urbaine a été créée à la Recyclerie, avec un jardin d’aromates, des arbres fruitiers, une basse-cour et un potager collectif de 400 m2.

Enfin la Mairie de Paris a pour projet de développer 100 hectares de toits végétalisés, dont 30 hectares en productif.

 

 

Les fermes urbaines
Potager Terroir Parisien © maisondelamutualite.com

 

Le concept qui séduit les chefs

A Paris, plusieurs potagers de chef ont vu le jour. Un des premiers, est celui de Yannick Alléno. Situé sur les toits de la Maison de la Mutualité où il possède un de ses deux Terroir Parisien.

Un autre potager, de 600 m2 a vu le jour sur les toits de l’hôtel Pullmann Tour Eiffel. Le second de cuisine du restaurant Frame, Ogier Pottiez, vient y cueillir quotidiennement de quoi agrémenter sa carte en produits ultra frais. Ces deux potagers ont été créés par Topager.

Thierry Marx cultive aussi ses herbes sur le toit du Mandarin Oriental. Et les écoles de cuisine s’y mettent aussi. Plus de 800 m2 de potager pour Eric Briffard dans les nouveaux locaux du Cordon Bleu. Et un potager laboratoire pour l’Ecole Ferrandi également réalisé par Topager.

 

Les fermes urbaines
Potager du Mandarin Oriental © mensup.fr

 

Des potagers pour les particuliers

Cultiver sans terre, en aéroponie, qui permet encore plus de rendement que l’hydroponie, sur des colonnes, c’est ce que pratique Agripolis. L’entreprise ou l’immeuble qui met à disposition son local ne s’occupe de rien, c’est Agripolis qui installe et exploite la ferme urbaine. En échange, elle peut choisir de recevoir la totalité de la production contre une redevance annuelle, ou s’abonner à un nombre de paniers. Agripolis a d’ores et déjà réalisé deux installations dans les 20è et 14è arrondissement de Paris.

 

Les fermes urbaines
© agripolis.eu

A beaucoup plus petite échelle, la start-up Prêt à Pousser vend des potagers d’intérieur et des kits à champignons qui grandissent facilement à l’intérieur et ne requièrent que peu d’entretien. Le dispositif est quasi autonome et gère l’eau, la lumière et les nutriments à votre place.

 

Les fermes urbaines
© pretapousser.fr

 

La campagne en ville

Le modèle est bien l’agriculture en milieu rural, mais cette fois-ci sans vrai sol, sans la richesse qui caractérise le terroir. Pour cultiver certaines espèces qui n’ont pas besoin de beaucoup de terre, cela peut être intéressant. Mais certains légumes racines comme les carottes ayant besoin d’un sol, la ferme urbaine à des limites.

Thierry Marx insiste sur le côté pédagogique de la chose, permettant au plus grand nombre de comprendre les produits.

 

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Le Potager des Oiseaux

 

Le retour des jardins ouvriers ?

La fin du XIXème siècle a vu fleurir des jardins ouvriers, c’est au tour des jardins partagés de s’installer et contribue au retour des potagers au coeur des villes. La motivation essentielle reste l’écologie. Régis par la charte « main verte », ils ont aussi pour but d’animer les quartiers, comme le Potager des Oiseaux, le Potager de la Lune ou encore la Ferme de Paris.

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