Michel Chapoutier, chaperon des jeunes sommeliers

Le concours du meilleur élève sommelier

Le concours du meilleur élève sommelier a été lancé en 1993 à l’initiative de Michel Chapoutier, le célèbre vigneron des Côtes-du-Rhône. La 27e édition a récompensé vendredi Chloé Laroche, 21 ans. C’est la 11e fille à remporter le concours et la 7e de cette décennie, signe de la féminisation croissante d’une profession longtemps masculine.

C’est à l’issue de l’ultime épreuve : déguster à l’aveugle deux vins (un rouge et un blanc), une eau-de-vie et une liqueur que la jeune élève en mention complémentaire sommellerie du lycée des métiers de l’hôtellerie-restauration à Chamalières (Puy-de-Dôme) s’est imposée après s’être livrée à un exercice de décantation, chandelle allumée sous la bouteille pour éviter que les dépôts finissent dans la carafe, précédé d’un accord mets-vins à concocter devant un jury attablé, le tout en 30 minutes chrono. La veille, un questionnaire de 26 pages avait départagé, à l’écrit, les 34 candidats de la demi-finale sur leurs connaissances sur le monde du vin.

« Aimer la bringue et la déconne »

Michel Chapoutier se défend que ce concours du meilleur élève sommelier soit réservé à des « bêtes à concours » (capables tout de même de citer au débotté, par exemple, les 3 IGP qu’un vigneron de Maury- Pyrénées-Orientales- peut revendiquer). Pour ce bon vivant, un bon sommelier doit avant tout « aimer la bringue et la déconne »même si, pour Hugo Dussus, 26 ans, candidat du centre de formation et d’apprentissage de Dardilly, près de Lyon « C’est un travail de longue haleine mais accessible à toute personne, il faut avoir la passion plus que des prédispositions ».

Défenseur de la biodynamie et membre de la commission permanente de l’INAO, Michel Chapoutier insiste sur le rôle essentiel des sommeliers: « si l’on veut continuer à faire des vins qui soient la photographie d’un terroir, il nous faut des sommeliers comme interprètes ». Des sommeliers qui ne se contentent pas de goûter et suggérer des vins dans les caves ou les salles de restaurant mais qui sont en permanence en contact avec les producteurs comme le confirme Pierre Vila Paleja, vainqueur de la compétition en 2008 et finaliste du concours de meilleur sommelier de France dix ans plus tard « J’ai un bon coup de nez inné. Mais ça se travaille, c’est comme un muscle. Et c’est au contact des vignerons qu’on goûte le mieux car ils ont toutes les clefs de lecture ».

Des sommeliers, en existe environ 2000 en France, dont 1300 sont membres de l’Union de la sommellerie de France (UDSF). Selon son secrétaire général, Fabrice Sommier ce concours est « une antichambre où l’on voit émerger de vrais talents ». À condition de rester humble et au service du vin et de ses consommateurs. Michel Chapoutier est d’ailleurs le 1er à insister sur cet impératif : « Il faut rechercher l’excellence, pas l’élitisme. On a parfois tendance à ghettoïser le vin dans un snobisme suicidaire, alors qu’il doit rester simple ».

PhG (avec AFP)

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